LES "DYS"

 

Un enfant dyslexique présente un « trouble de l’apprentissage de la lecture survenant en dépit d’une intelligence normale, de l’absence de troubles sensoriels ou neurologiques, d’une instruction scolaire adéquate, et d’opportunités socioculturelles suffisantes ». Il s’agit donc bien d’une difficulté d’apprentissage de la lecture qui n’est due ni à un défaut d’intelligence ou à de la paresse, ni à une inaptitude de l’enseignant ou des programmes pédagogiques.

 

L’origine exacte de la dyslexie est inconnue et les tenants de telle ou telle théorie s’affrontent parfois violemment. Le traitement proprioceptif se positionne comme un complément de la prise en charge orthophonique et des aides pédagogiques. Il se situe en amont: « il met l’enfant sur les rails et l’orthophonie le pousse ».

 

La dyslexie s’accompagne parfois d’autres troubles (qui peuvent aussi exister isolément):

- difficulté de mise en place du langage: dysphasie,

- trouble de la programmation et de la réalisation du geste: dyspraxie (avec une écriture difficile: dysgraphie),

- trouble de l’orthographe: dysorthographie,

- trouble du calcul: dyscalculie,

- troubles de la concentration et de l’attention: pseudo-hyperactivité.

Le traitement proprioceptif est mieux évalué dans la dyslexie. Il a  un intérêt manifeste dans la dyspraxie et les troubles de l’attention.

LA PROPRIOCEPTION

 

La proprioception est un sens (comme la vue, l’ouïe, ...) qui repose sur la présence de capteurs sensibles à l’élongation qui sont situés dans tous nos muscles  (ceux de l'œil mais aussi ceux du reste du corps).

Elle fonctionne toujours en collaboration avec d’autres sens avec lesquels elle constitue un système  appelé « postural » car son rôle a été d’abord décrit dans la régulation de la posture. L’ensemble est à l’origine du « sens du mouvement » (Berthoz).

 

La proprioception a un rôle central  dans ce système car elle indique  en permanence au cerveau où sont les autres organes des sens.

 

Son rôle est reconnu dans 3 fonctions :

-Régulation de la posture,

- Détermination de la localisation spatiale des informations sensorielles (visuelles, auditives,…)

- participation au développement harmonieux des perceptions sensorielles au cours de l’enfance.

 

C’est par ces 2 dernières fonctions qu’elle pourrait intervenir dans les capacités de lecture et d’attention.

 

L’analyse de la posture est un moyen utilisé pour comprendre le fonctionnement proprioceptif. Ce n’est pas une fin en soi.

LA DYSPROPRIOCEPTION

 

Quand la proprioception fonctionne anormalement on aura, à des degrés très divers d’un sujet à l’autre, des troubles (parfois très discrets) dans les 3 fonctions de la proprioception :

- asymétrie du tonus postural avec information proprioceptive fausse : l’enfant se sent droit alors qu’il est de travers,

- localisation spatiale sensorielle anormale,

- anomalies perceptives de développement.

 

Les troubles posturaux sont discrets chez l’enfant et augmentent avec l’âge, d’où l’adage souvent retrouvé dans la famille: «  les vieux dyslexiques deviennent des lombalgiques ».

 

L’examen des familles de dyslexiques nous a montré que ce n’est pas probablement pas la dyslexie qui se transmet mais le trouble proprioceptif.

 

Ce qui différencie les dyslexiques de leurs frères non dyslexiques est la faculté spontanée de ces derniers à réguler leur localisation spatiale sensorielle, aussi bien visuelle qu’auditive.

LA CONSULTATION

 

L’examen est inoffensif et strictement indolore.

 

Prévoyez 2 heures de présence sur place.

 

La présence d’au moins un des 2 parents est obligatoire (la présence des deux est grandement souhaitable, surtout en cas de vie séparée).

 

Par contre, évitez de venir avec les frères et sœurs.

 

Demandez à votre enfant de remplacer ses sous-vêtements par un maillot de bain pour qu’il se sente plus à l’aise ( une partie de l’examen se fait torse nu et pieds nus).

 

Toutes les explications nécessaires au bon déroulement du traitement seront données, appuyées dans un premier temps par une présentation audio-visuelle expliquant les relations entre proprioception et dyslexie et le contenu du traitement.

LE TRAITEMENT

 

Il comporte 4 éléments indissociables :

- port permanent de lunettes prismatiques. Les prismes peuvent être inclus dans la correction optique habituelle s’il y a lieu. Les lunettes doivent suivre des contraintes de forme qui seront expliquées à votre opticien. Elles sont compatibles avec la mode actuelle,

- port permanent de semelles de posture. Elles sont très fines et très confortables,

- réalisation quotidienne d’exercices de re-programmation posturale, portant essentiellement sur la récupération d’une bonne respiration abdominale,

- maintien de bonnes positions pour le travail scolaire (lecture sur un plan incliné à 30°) et l’endormissement.

Dans certains cas particuliers, lorsque l’examen détecte une interférence entre les informations sensorielles provenant de la bouche et les informations proprioceptives oculaires (innervation commune par le nerf trijumeau), il peut être nécessaire de poser des micro-stimulations sur les dents (appelées ALPH) après quelques mois de traitement. Elles sont compatibles avec un traitement orthodontique classique et sont invisibles. Parfois un traitement ostéopathique complémentaire est nécessaire.

LE SUIVI

 

A l’issue de la consultation

Si un trouble proprioceptif est mis en évidence, il est remis un dossier comprenant tout ou partie des éléments suivants :

- le détail des actions à entreprendre,

- une ordonnance pour l’opticien, avec les explications le guidant dans l’exécution de cette ordonnance aux caractéristiques particulières, avec notamment des photos du galbe à respecter pour la monture,

- une ordonnance pour un podologue connaissant la technique des semelles posturales,

- une lettre explicative pour le corps enseignant,

- une éventuelle lettre pour l’orthodontiste,

- un compte-rendu complet de la consultation (parfois envoyé dans un deuxième temps

- en fonction des contraintes d’emploi du temps) destiné à tous les professionnels s’occupant de l’enfant (orthophoniste, médecin de famille, ophtalmologiste, etc.……)

- éventuellement un livret pour les parents et les enseignants expliquant la dyslexie et donnant des conseils pour aider et comprendre l’enfant.

 

Ensuite, l’enfant est revu après 3 à 4 mois (prévoir 1 heure de présence minimum et ne venir qu’avec l’enfant traité). Les exercices sont contrôlés avec apport des corrections nécessaires. Localisation spatiale et asymétries du tonus musculaires sont évaluées.

Puis, il est revu 6 à 9 mois après puis une fois par an environ en fonction de l'évolution. Cependant chaque cas est particulier et le suivi est personnalisé en fonction des difficultés. En cas de problème, une consultation en urgence est toujours possible.

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