La posturologie se définit par l’étude de la position des segments osseux et de leur équilibre dans l’espace. Le système permettant d’élaborer cette stratégie d’équilibre est complexe et met en jeu une boucle de régulation automatique. Cette auto gestion est contrôlée par le système nerveux central qui va donner ses commandes motrices suite à la réception d’informations sensitives rétino trigéminées (œil et bouche), podales et vestibulaires. Cette intégration neuro sensorielle est propre à chacun.

La proprioception permet :
- Une régulation du tonus musculaire agissant sur le positionnement et l’équilibre squelettique 
- De renseigner le cerveau sur la localisation spatiale corporelle  
- Une perception multi sensorielle des différents stimuli présentés simultanément à notre organisme.


La proprioception associe 
la perception sensorielle à l’action motrice qui en résulte.

Quand une dysfonction de la perception sensorielle apparaît, on parle de dysesthésie et de dysperception proprioceptive donnant des signes cliniques touchant le tonus musculaire, la localisation spatiale, la perception multi-sensorielle ainsi que des troubles de la perception de la sphère orale.


Ces symptômes se retrouvent chez les enfants présentant des Troubles Spécifiques des Apprentissages en perturbant leur bon fonctionnement perceptif et moteur nécessaire aux acquisitions motrices et cognitives.

TROUBLES DU TONUS MUSCULAIRE

Les troubles du tonus musculaire se répercutent sur l’équilibre squelettique en perturbant la position globale des segments osseux, ce qui provoque :
            Des déviations des courbures rachidiennes
            Des névralgies
            Des troubles stomatognatiques
            Des douleurs musculaires et tendineuses

TROUBLES LOCALISATION SPATIALE

Des troubles de la localisation spatiale, c’est-à-dire une mauvaise perception du cerveau sur la position des organes sensoriels. La reconnaissance de la position du corps sera alors déficiente et l’action motrice  sera  altérée dans sa coordination et sa précision, puisque les «GPS» sensoriels ne donnent pas les bonnes informations de départ. 
On retrouvera alors des dysfonctions d’apprentissage, comme la dyspraxie ou troubles d’apprentissage de la coordination, mais également la dyslexie avec un œil ne se positionnant pas correctement sur le cœur du mot.

DYSPERCEPTION ORALE

Une dysperception orale qui est une forme du syndrome de dysperception proprioceptive caractérisée par une anomalie sensorielle de la sphère orale avec une répercussion motrice et morphologique au premier plan clinique. Elle associe à des degrés divers des asymétries toniques musculaires, des troubles spatiaux et perceptifs, une déglutition dysfonctionnelle et une malocclusion. Le rôle de l’ensemble de la bouche (ATM, langue, occlusion) sur la posture générale n’est plus à prouver, mais il faut dépasser le fait qu’une altération mécanique de la bouche est associée à une altération mécanique de la posture. Il faut penser que cette anomalie mécanique avec cette altération du tonus musculaire, est la traduction d’une dysfonction sensorielle. L’idée que toute action motrice est précédée d’une perception doit nous aider dans le raisonnement thérapeutique orthodontique et nous pencher sur un traitement sensoriel de la bouche.

DYSPERCEPTION MULTIMODALE

Une altération de la perception multimodale qui est la faculté que peut avoir le système à intégrer plusieurs informations sensorielles en même temps. Une dysfonction de ce système fera apparaître des phénomènes de pseudo négligence visuelle et auditive. Des zones de champs audio visuels sont alors non intégrées par le cerveau. Cette forme cognitive se retrouve chez les enfants ayant des troubles des apprentissages comme notamment la dyslexie et la dyspraxie.

Traitement proprioceptif par les prismes actifs

Un des piliers du traitement chez l’enfant présentant une dysperception proprioceptive est la stimulation oculomotrice à l’aide de lunettes prismées. Des prismes qui n’auront pas pour but de traiter les hétérotropies mais de modifier et d’améliorer la proprioception oculaire. Ces prismes sont dits actifs et ne dépassent pas 3 dioptries. En corrigeant ce capteur, non seulement le tonus postural en sera amélioré mais aussi on amènera une meilleure localisation spatiale perceptive qui aidera les enfants DYS. Ces prismes sont posés et réglés suivant un protocole bien déterminé. Ce traitement est évidemment associé aux autres rééducations.

Traitement neuro sensoriel oral

Ce traitement neuro sensoriel se fait via une stimulation du nerf trijumeau en plaçant des petits reliefs en matière composite (ALPH) sur les incisives. Cette pose est un acte technique facile mais répondant bien sûr à un protocole précis et déterminé. Comme avec les semelles proprioceptives et les prismes posturaux, cette stimulation proprioceptive trigéminée va améliorer la perception sensorielle orale ainsi que la perception proprioceptive globale. Ce traitement est souvent nécessaire dans la thérapie globale des enfants dysproprioceptifs présentant des troubles des apprentissages. 

Traitement proprioceptif par semelles plantaires

Le capteur podal est essentiel dans la régulation posturale. Son aspect mécanique fonctionnel est évident et bien connu. Le rôle sensoriel peut être parfois négligé alors que non seulement il est à l’origine d’action motrice, mais il offre également une perception essentielle pour la localisation spatiale locale et globale du corps.
Les sujets souffrant de dysperception proprioceptive ont cette sensorialité podale perturbée et le pied devient alors une source d’erreur spatiale pour ces enfants.
Le traitement podal consiste alors à stimuler à l’aide de semelles composées d’éléments  de très faible épaisseur (1 à 1.5 mm) les capteurs cutanés qui sont sensibles à de faibles pressions. Cette stimulation va permettre au pied de donner un maximum de bonnes informations perceptibles par le système proprioceptif postural.

Pour en savoir plus sur le syndrome de dysperception propioceptive

C’est l’école de posturologie portugaise avec les DR MARTIN DA CUNHA et ALVES DA SILVA qui fin des années 80, décrit le syndrome de déficience posturale (SDP). 
Ce syndrome est né suite à l’observation de malades qui présentent en commun une attitude corporelle stéréotypée, avec une altération de l'équilibre tonique, oculaire et postural. 
Une partie de leur symptomatologie est liée à un déficit qui semble affecter également le système d'information proprioceptive et le système d'information visuelle. L’observation du sujet présentant un SDP ne se limite pas uniquement à la douleur musculo squelettique, mais un lien très étroit est fait entre le SDP et les troubles des apprentissages comme la dyslexie.

L’université de Bourgogne avec le Dr Patrick QUERCIA, ophtalmologue, s’intéresse aux travaux réalisés à Lisbonne et poursuit l’étude faite sur le SDP et la dyslexie. De ses observations découle une déclinaison du SDP, en parlant de Syndrome de Dysperception Proprioceptive qui met au cœur du problème  la perception sensorielle indissociable de la motricité.

Cette dysperception proprioceptive associée bien souvent à une dysperception orale entraine non seulement une altération du tonus musculaire mais également des troubles de la localisation spatiale ainsi qu’une dysfonction de la sensorialité multimodale.
Ce traitement proprioceptif repose donc sur une stimulation corrective sensori motrice des capteurs somesthésiques. Cet ajustement aura pour but de rendre le système proprioceptif le plus performant possible afin d’en diminuer les conséquences; le sujet se trouvera ainsi dans les meilleures conditions d’apprentissage possibles.

Cette approche proprioceptive ne remplace pas les traitements déjà pratiqués, elle est une aide précieuse et permet au sujet d’être davantage réceptif dans son chemin thérapeutique. 
L’orthophonie, l’ergothérapie, la psychomotricité, l’ostéopathie, sans oublier la normalisation des réflexes archaïques ainsi qu’une rééducation posturale et respiratoire, sont les piliers d’un bon traitement. 
Le premier traitement qui doit être prodigué par tout praticien à ces enfants souffrant de difficultés d’apprentissage, est aussi de redonner la confiance et l’estime de soi qu’ils ont perdues. Tout apport thérapeutique, aussi minime soit-il, doit être pris en compte car il peut être le point de départ d’une remédiation qui ira grandissant. 

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